• Anne-Laure Thomas

EIP, HP, Zèbre, surdoués, précoces… et thérapie brève… pourquoi devraient-ils faire bon ménage ?

Mis à jour : 10 juil. 2019


La thérapie brève est une méthode active de résolution de problèmes. Elle refuse par construction les diagnostics. Pourquoi ? Car souvent avoir une étiquette, un diagnostic, pousse à éviter voire empêche de changer de posture. En effet, à quoi bon essayer de gérer différemment sa grande sensibilité si l'on pense “de toutes façons je suis hypersensible” ? A quoi bon gérer différemment sa peur du noir si l'on se dit “je suis phobique” ou alors, si l'on se convainc “de toutes façons je suis angoissé dès que je dois faire une présentation devant du monde, alors je n’en fais plus”…


Voilà plein de phrases que nous entendons, disons, pensons, lisons un peu partout. Et pourtant, sans changer réellement qui vous êtes, ce qui fait de vous cet individu sensible, imaginatif, perfectionniste, la thérapie brève peut vous permettre de vivre mieux avec votre personnalité.




L’apport potentiel de la thérapie brève pour des profils rayés, enfants ou adultes est de fait peu documenté (du moins en français) probablement pour les 2 raisons suivantes

- La thérapie brève refuse les étiquettes. Or pour les zèbres ou leurs parents, lorsqu’ils ne sont pas laminaires (et même parfois lorsqu’ils le sont), cette étiquette permet de comprendre ou d’apaiser une relation aux autres pas toujours simple. Il est donc difficile de s’entendre dire, que cette étiquette ne compte pas, n’est pas réellement utile,

- Les hp, zèbres… ont souvent pris l’habitude d’utiliser leur fonctionnement en arborescence pour comprendre et appréhender ce qui se passe et pourquoi cela se passe. Or la thérapie brève se focalise non pas sur les causes mais sur ce qui se passe concrètement dans une situation donnée. Elle pousse donc à rester assez connecté à une situation donnée, et à comment elle fait souffrir, pour en sortir et, non pas, à analyser pourquoi on en est là.


Ainsi, l’un et l’autre semblent être sur des visions des choses à tout le moins très différentes…. Et pourtant mon expérience concrète avec des HP, me laisse penser qu’on a là un outil tout à fait adapté.


J’ai déjà écrit un article sur l’apport de la thérapie brève pour sortir d’une situation de harcèlement au collège, je vous invite à le lire si ce sujet vous interpelle.

Angoisses & burn-out


Parlons de Caroline, 23 ans, chef de projet marketing dans une startup du numérique. Caroline a été une bonne élève, a réussi partout où on la poussait. Depuis quelques mois, elle a des crises d’angoisses qui la clouent chez elle sauf pour aller au travail. Elle s’y investit corps et âme. Pour Caroline, il n’est pas envisageable que son travail puisse être de qualité « médiocre » et par cela elle entend perfectible. Alors, Caroline travaille encore et encore. Ses crises d’angoisse rendent les choses de plus en plus compliquées car elles diminuent sa capacité de travail. Caroline commence même à oublier des choses, ce qui nécessite qu’elle travaille plus encore pour reprendre le contrôle sur ce qu’elle se doit de faire. Et plus Caroline travaille fort, plus les crises d’angoisse sont intenses, et par conséquent, elle en a de plus en plus, s’approchant du burn-out. Pour cette situation concrète de Caroline, il s’est agi de l’accompagner dans le fait de prendre conscience de ce qui la pousse à chercher l’excellence (syndrome de l’imposteur diraient certains…). Ainsi, il s’est agi pour elle, à doses homéopathiques, sur des points qu’elle avait elle-même choisis, d’accepter de laisser passer des erreurs et de voir comment les collègues réagissaient. Pour Caroline, constater que son professionnalisme n’était absolument pas remis en cause, si elle se laissait la liberté d’appliquer la loi de Pareto, lui permettait de reprendre des marges de manœuvre et de retrouver une sérénité au travail… et à la maison.




Ennui & colère


Matéo a 8 ans. A l’école il est vu comme un enfant agressif, violent, et comme un élève tout juste au niveau. A la maison, c’est colère sur colère. La moindre contrariété le fait entrer dans des états qui inquiètent ses parents. J’ai reçu Matéo pour l’aider à gérer ses crises d'énervement, alors qu’ « il n’y a quand même pas de raisons » estiment ses parents. En creusant avec Matéo, il s’avère que Matéo souffre énormément de ce qu’il vit à la maison et à l’école. Il s’ennuie beaucoup à l’école, au point qu’il n’écoute plus en cours et donc ses notes sans être catastrophiques sont juste correctes. Il se sent en décalage permanent avec les autres élèves et ne sait que faire de sa « frustration » à se sentir exclu, rejeté, différent… Après avoir dit à Matéo à quel point sa colère est légitime, nous avons travaillé sur l’efficacité de ce qu’il fait pour l’apaiser. Manifestement l’expulser en étant agressif ou en hurlant dès qu’il rentre à la maison ne lui permet pas de s’apaiser durablement. Il s’est agi de trouver, avec lui, une façon plus adaptée de l’expulser. A savoir installer un punching-ball (merci Oxybul !) qui lui permet, enfermé dans sa chambre de se « lâcher ». Ses parents ont accepté de le laisser se défouler ainsi lorsqu’il rentre de l’école avant toute autre « contrainte ». Matéo s’ennuie toujours à l’école, mais ses relations aux autres sont bien plus apaisées.



Sommeil & peur

Pour finir, Alice est une jeune fille de 5 ans. Depuis quelques temps maintenant, elle a beaucoup de mal à trouver le sommeil lorsqu’elle est seule. Aucun souci par contre, si elle dort avec des copines, avec son cousin, dans le lit de papa et maman. Elle est capable d’à peine dormir la nuit sinon. Lorsqu’elle vient avec sa maman en rendez-vous, elle ne voit pas de quoi elle a peur. Sa maman sortie, elle avoue, un peu mal à l’aise, qu’elle a peur qu’on vienne tuer sa famille pendant la nuit. En creusant un peu, il s’avère qu’Alice a très peur de ce qui lui arriverait si ses parents mourraient. Elle craint que personne ne veuille s’occuper d’elle. Lorsqu’elle a exprimé ses craintes ses parents lui ont dit qu’ils étaient en bonne santé et qu’elle pouvait être tranquille, ce qui usuellement suffit à sortir de cette peur lancinante. Mais pour Alice, cela n’a pas apporté l’apaisement espéré. Alice a été accompagnée dans le fait de raconter ce qu’elle craint, ce qui serait le pire à vivre pour elle, de manière à mieux cerner ce qui l’angoisse et ainsi à « dégrossir » cette crainte. Comme souvent, quand rassurer ne permet pas de mettre les peurs imaginées, intestines, à distance, les traverser, bien qu’éprouvant permet de prendre de la distance et de remettre la peur à sa juste place.









Ces quelques exemples illustrent, comment la thérapie brève peut permettre à des profils HP, Zèbre… de trouver des façons nouvelles de sortir des situations où ils ont mis sous contrôle le tsunami émotionnel qui souvent les submerge.




Ces situations vous parlent ? Vous avez envie de tester ce que la thérapie brève pourrait apporter à votre propre situation ? N'hésitez pas à me contacter.

 

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